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L'édito · Mars 2026

Le mot du Père Régis

Chers amis, nous entrons dans cette Semaine Sainte, centre et sommet de l’année liturgique. Certes, Noël est une grande fête. Nous y célébrons ni plus ni moins que la venue sur terre de Dieu qui se fait homme, qui se fait l’un d’entre nous, à part entière. Par cette incarnation, Dieu devient visible à nos yeux et nous pouvons dès lors, bien plus aisément que par le passé, nous lier d’amitié avec notre Dieu. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que lorsque nous récitons le Credo, nous nous inclinons à ces paroles : « et s’est fait homme. »

Noël, donc, une grande fête, mais que dire de Pâques ? N’est-ce pas encore plus merveilleux de penser que non seulement Dieu est venu partager notre vie, mais qu’il ne l’a pas fuie lorsque la méchanceté des hommes allait précisément la lui coûter ? Et encore, comme le dit saint Paul dans ma lettre aux Romains, si le Christ avait donné sa vie pour des hommes justes, on pourrait à la rigueur le comprendre, mais pour des pécheurs ! Le cardinal Journet, grand théologien suisse du XXe siècle donnait une comparaison. Imaginons une personne condamnée à mort et qui, la veille de son exécution serait sauvée précisément par celui qu’elle aurait le plus offensé, ce dernier se substituant à elle pour mourir à sa place ! Exemple sans doute introuvable ici-bas. Et c’est pourtant ce que le Christ a fait pour nous.

Alors, un tel amour pouvait-il être vaincu ? Un tel amour pouvait-il à jamais succomber à l’injustice, au mal ? Non, ce n’est pas possible. La résurrection de Jésus est ainsi le sceau de la victoire de l’amour sur la mort, de la vie sur toutes les forces du mal. Jésus est vivant, avec son corps glorifié désormais au Ciel, et mystérieusement présent par son Esprit-Saint dans nos cœurs. Ainsi pouvons-nous continuer à fréquenter Dieu fait homme et à être amis de Dieu. C’est ce que nous faisons dans la lecture et la méditation de la Parole de Dieu, de la Bible. Nous entrons par là en dialogue, en prière, avec notre Dieu.

Est-ce tout ? Ce serait déjà pas mal. Mais voilà l’Eucharistie. Ce Jésus ressuscité, voilà qu’il continue de demeurer parmi nous sous les apparences du pain et du vin de la Messe. Le vrai Jésus, le même et le seul, vraiment présent, même si c’est sous d’autres apparences, tellement déconcertantes. Pâques est ainsi le sommet de l’amour de Dieu pour nous. Il n’y a plus dès lors qu’à répondre à tant d’amour par le nôtre. L’aimer Lui, de tout notre coeur, de toute notre âmes, de toutes nos forces, et aimer notre prochain, par amour pour Lui, comme nous-mêmes. Que cette Semaine Sainte nous donne d’entrer dans ces profondeurs de l’amour de Dieu pour nous, et que cet amour nous arrache au péché, pour nous vivions avec le Christ.

Père Régis Curral